Call for Papers, deadline 10 May 2026
Paris/France
Face à la multiplication des crises politiques, sociales et environnementales, et devant l’intensification des offensives masculinistes, racistes, sexistes et lesbo-trans-homophobes, de nombreuses initiatives de résistance émergent, notamment dans le champ de la pensée féministe. Dans ce contexte, ce congrès se propose d’explorer les résistances et les utopies féministes à partir d’une pluralité de perspectives et de traditions philosophiques.
Argumentaire
Dans un climat international marqué par la progression des extrêmes droites et par des menaces croissantes qui affectent particulièrement les études féministes et de genre ainsi que, plus largement, les sciences humaines et sociales, la philosophie féministe connaît, dans les espaces francophones, un essor significatif. Celui-ci se manifeste par l’intérêt soutenu qu’elle suscite auprès des étudiant·es – comme en témoigne la multiplication des séminaires et des journées d’étude – ainsi que par un dynamisme éditorial qui ne faiblit pas.
C’est dans ce contexte, et dans le prolongement du premier Congrès de philosophie féministe francophone, tenu à Paris les 23 et 24 novembre 2023, que la Société francophone de philosophie féministe (SFPF) a été fondée en avril 2025. Elle poursuit un triple objectif : renforcer la visibilité des recherches en philosophie féministe afin d’en affirmer l’importance, la diversité et la richesse ; nourrir et approfondir la réflexion théorique à travers des échanges internationaux ; et favoriser l’interconnaissance ainsi que la coopération, dans le but de contribuer à la structuration du champ, à la fois à l’échelle locale et dans une perspective transnationale.
Le Congrès
Face à la multiplication des crises politiques, sociales et environnementales, et devant l’intensification des offensives masculinistes, racistes, sexistes et lesbo-trans- homophobes, de nombreuses initiatives de résistance émergent, notamment au sein du champ de la pensée féministe. La deuxième édition du Congrès de philosophie féministe francophone entend ainsi mettre en lumière les résistances et les utopies féministes, passées, présentes et à venir, à partir d’une pluralité de perspectives et de traditions philosophiques.
Quels outils conceptuels et théoriques les philosophies féministes offrent-elles pour contester, affronter et combattre les multiples formes de domination – capitalistes, racistes, hétéropatriarcales, validistes et coloniales ? Et, en retour, quels imaginaires politiques, éthiques et esthétiques de l’émancipation contribuent-elles à faire émerger et à nourrir ?
Le cadre épistémologique
Les renouvellements théoriques qui accompagnent les luttes féministes participent à faire vivre la philosophie. Dans le même temps, la critique de la philosophie occidentale traditionnelle invite à repenser la philosophie féministe dans une perspective transnationale et décoloniale, tout en interrogeant ses lieux et ses pratiques de production des savoirs. Face à la crise multiforme actuelle, il apparaît plus que jamais nécessaire de pouvoir s’appuyer sur les ressources critiques et créatives de la philosophie féministe.
Celle-ci parle une multitude de langues qui se traduisent et permettent un échange à travers des frontières et barrières diverses et variées. L’internationalisme féministe est une longue tradition dans laquelle la SFPF souhaite s’inscrire et qu’elle cherche à poursuivre. Se rencontrer en français n’est pas une initiative consistant pour nous à hiérarchiser des espaces linguistiques. Au contraire, l’espace francophone que nous créons par cette société et ce congrès comprend le français comme étant habité et traversé par bien des langues, héritier d’histoires violentes et résistantes dont nous souhaitons qu’elles soient abordées lors de nos activités.Les propositions de communication pourront s’intéresser aux axes suivants :
1. épistémologies féministes et critiques du savoir
Résistances aux épistémologies dominantes (objectivisme, universalisme abstrait)
Réflexions sur les injustices épistémiques, les silenciations et la reconnaissance épistémique
Perspectives féministes décoloniales : savoirs situés, refus épistémique, coalition cognitive
Transmissions, féminisme et pédagogie
Devenirs féministes de la philosophie
Histoire des femmes philosophes dans l’Antiquité, au Moyen-âge, dans la Modernité
Le genre dans l’histoire de la philosophie
2. résistances politiques, structures de domination et émancipation
Critiques féministes du capitalisme, du libéralisme, du nationalisme, du racisme structurel – Féminisme et écologie, lutte contre l’extractivisme, les impérialismes et les violences d’État
Solidarités, intersectionnalités et coalitions féministes
Figures et formes contemporaines de résistance : assemblées, grèves, manifestations, action directe
Expérimentations féministes, utopies concrètes, politiques préfiguratrices
Refuges, contres-espaces et résistances spatiales féministes
Résistance technologiques, technologies et IA féministes, (dé)colonialisme numérique
Analyses de la reproduction
3. corps, violences, vulnérabilités et résistances
Penser les VSS depuis la philosophie
Corps féminins/queers/trans/racisés/handis/ouvriers comme lieux de contrôle et de subversion
Politisation de la santé, du care, du handicap
Politisation de la procréation
Mouvements de résistance corporelle : performances, artivisme, esthétique féministe
Résistances dans l’ESR : précarités et solidarités
4. surprises. ce qu’il nous reste à penser
Inventivités, inventions et trouvailles féministes
Cette section est laissée volontairement très succincte afin de vous permettre de nous surprendre…
Modalités de contribution
Les propositions sont chaleureusement encouragées, quel que soit le statut ou le parcours des personnes qui les soumettent – professeur·es titulaires, doctorant·es, étudiant·es, chercheur·es indépendant·es ou militant·es. Le congrès souhaite offrir un espace d’échanges ouvert et accueillant, attentif à la diversité des voix et des expériences.
Les propositions de communication ou de panels (4 personnes max. + une personne modératrice) ne devront pas dépasser 3 000 signes (espaces inclus) ou 4 x 3 000 s. (+ texte de présentation de 3 000 s.). Elles indiqueront le ou les axes envisagés et comprendront une ou plusieurs courtes biographies, indiquant notamment les statuts et rattachements.
Elles sont à envoyer
avant le 10 mai via le lien suivant :
https://congressfpf.sciencesconf.org/
Groupe de travail Congrès de la SFPF
Renda Belmallem, Lila Braunschweig, Jules Falquet, Camille Froidevaux-Metterie, Cécile Gagnon, Nathalie Grandjean, Aude Malkoun Henrion, Cynthia Kraus, Claire Mélot, Cornelia Möser
Informations pratiques
Pour pouvoir intervenir au congrès, il faut être adhérent·e de la Société.
https://www.helloasso.com/associations/societe-francophone-de-philosophie-feministe-sfpf
Et n’hésitez pas à vous inscrire sur notre liste de diffusion :
https://groupes.renater.fr/sympa/info/philofem
Avec le soutien du Centre de recherches Sociologiques et Politiques de Paris (Cresppa), du Laboratoire d’études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie (LLCP), de l’Université de Lausanne (Unil) et de l’Université Paris 8.
Lieu
Campus Condorcet, Centre des colloques – Place du Front populaire, 93322 Aubervilliers cedex
Paris, Frankreich (75)
Format de l’événement
Événement hybride
Date
Dimanche 10 mai 2026
Appendice
Appel Congrès SFPF.pdf
Mots-clés
philosophie, études de genre, féminisme, francophone
Contact
Cornelia Moser
courriel :
Cornelia [dot] Moser [at] cnrs [dot] fr
Attached document(s)
appel_congre_s_sfpf.pdf


